babled nouvet reynaud architectes urbanistes
Etude urbaine et proposition d'aménagement de la Ville de Quarrata, Italie, 2001
Maître d'ouvrage : Ville de Quarrata
Equipe MŒ : BNR architectes
Type de mission : appel d'idées
Surface : 30 ha
Coût prévisionnel : NC
Calendrier : Concours d’idées, Octobre 2000 Phase d’études pré-opérationnelles en 2001
La ville de Quarrata correspond à cette catégorie de villes répertoriées sous l’appellation de « villes diffuses « : ces villes dont le tissu urbain s‘est distendu au fur et à mesure de leur développement.
Le caractère éparse, dû au développement économique et donc spatial de ce type d’agglomération, a pour conséquence de rendre omniprésent le contact et l’interaction entre la ville et la campagne qui semble s’insinuer au cœur de chaque zone construite.
Mais cette présence fragmentaire et multiple de la nature, rend aussi attentif au mécanisme de production de terrains vides ou délaissés.
Les limites de la ville sont devenues ses limites internes, elles passent à l’intérieur d’elle-même en isolant certaines parties, échouées et victimes de cette matrice de production de l’espace caractéristique de la "ville diffuse".
L’urbanisation a tendance à laisser derrière elle un tissu déchiré, des lambeaux de territoire, les vestiges non-construits de la production de l’espace.
Ces contacts entre ville et campagne, par leur démultiplication même, laisse un sentiment de désorientation ; et dans le cas plus particulier de Quarrata, le lien ou l’appartenance aux collines toscanes s’y épuise jusqu’à n’être plus lisible.
La ville a connue un développement vers la plaine, en plaine, au risque d’hypothéquer sa force, sa qualité et son harmonie d’origine : celles d’une ville ancrée dans son paysage de montagnes.
Or la situation des 3 secteurs d’étude suggère l’image d’une suite progressive de trois pas qu’accomplirait la ville dans un nouveau développement en remontant le long de son sillon géographique, suivant le Fermula en direction des collines… site A, site B, site C…jusqu’au contact de la montagne cherchant à renouer peu à peu le lien originel qui s’était évanoui.
Ainsi, répondant à cette situation, à son double constat, et dans l’horizon du développement de ces trois secteurs, l’étude qui suit se propose deux objectifs :
1. Refonder le lien de la ville et de son berceau territorial et naturel.
2. Réactiver et revaloriser les emprises en déshérence.
Définissant des modes constitutifs plutôt que des morphologies arrêtées, refusant toute logique de composition urbaine, logique de périmètre, ce dispositif procède de gradations topologiques, investissant les lieux par entités paysagères successives et hiérarchisées : depuis la définition précise d’un pré-équipement très localisé, allées, lisières, édicules, jusqu’à la relative liberté des constructions réparties dans le temps et dans l’espace au gré des opportunités opérationnelles.
Les paysages engendrés sont à la fois semblables et toujours différents, réagissant au contact du "déjà-là", palimpsestes actifs entre ville et nature :
- A Quarrata, l'arpentage agraire révèle une mesure et une direction : vers la montagne, harmonie originelle.
Le tissu urbain organise un paysage des déplacements : espaces isotropes, labyrinthe des mobilités.
Le rapprochement de ces deux caractéristiques, nous a suggéré un croisement ; celui d'un temps immobile, un regard collectif vers la montagne (perspectives des allées), et celui d'un temps en mouvement, une diversité de gestes individuels (épaisseur transitionnelle des lisières).
- Puis, comme dans toute ville diffuse, la dilution des constructions sur le territoire a engendré une autre dilution, celle des moyens affectés au traitement des espaces publics.
Alternative à ce manque de moyens, la densité bâtie, pour chaque situation, est contenue en périphérie, s ‘enrichissant à l’accotement des deux topologies les plus révélatrices de cette progression plaine / montagne, la grève et le coteau.
Cette disposition prévient des délaissés par une concentration des espaces non-bâtis, une centralité vide qui acquiert de fait sa préciosité, sans recours à un aménagement coûteux : "laisser une forêt grandir" avec l’imaginaire et l’aménité qui l’accompagnent.